On va dire que je m’acharne sur la SNCF, mais je vous jure, c’est elle qui a commencé.
Un bon point cependant: la semaine passée, mon train du matin a vu sa locomotrice en panne immédiatement changée par une machine de replacement, aucun retard. En revanche, l’annonce du changement de quai suite au changement de machine (le lien logique entre les deux m’échappe, mais je suppose qu’il doit y en avoir un puisqu’on nous l’a dit) n’a pas été répercutée jusqu’aux tableaux d’affichage, ce qui est toujours bien pratique quand vous n’avez que deux minutes pour être à l’heure et monter sur les différents quais pour savoir où se trouve votre train.
Hier soir en regardant une contrôleuse expliquer véhémentement à un passager l’obligation dans laquelle il se trouve de composter son billet ou bien de se présenter de lui-même pour régulariser sa situation, je me suis interrogée sur la singularité qu’il y a à pénaliser un client en lui imposant tout ce tintouin ridicule alors qu’il a payé son billet.
Je dis tintouin ridicule parce que ça donne ça:
– acheter mon billet, avec toutes les joies que cela procure en général,
– tenter de composter mon billet en courant d’appareil en panne en appareil en panne avec tous mes bagages,
– finir par abandonner parce que j’allais rater l’heure de départ, et donc de monter dans le train, pour aller à la recherche du contrôleur (sinon…), toujours chargée comme un mulet de mes différents bagages.
Je trouve que c’est très désagréable. Et en plus c’est totalement inutile.
L’obligation de composter son billet n’existe pas dans d’autres pays européens. Si c’était aussi nécessaire à la bonne santé financière des entreprises de chemin de fer, mais comment fait donc la Deutsch Bahn? Le fait que d’autres entreprises de transport européennes puissent s’en dispenser montre le caractère arbitraire de cette obligation.
En Allemagne et dans d’autres pays européens (appel à témoignage!), on achète son billet, on monte dans le train, et le contrôleur vous le poinçonne. D’ailleurs c’est assez rigolo quand vous prenez le train en Suisse à Bâle, il y a une zone douanière équipée spécialement de composteurs pour les malheureux voyageurs qui regagnent la France.
Si le contrôleur ne passe pas, il est vrai que votre billet peut être réutilisé, mais comme c’est une carence de la société de transport, c’est à elle d’en supporter les coûts. Il semble d’ailleurs que cette particularité française n’est pas non plus très usitée ailleurs dans le monde puisque les sites de pays étrangers avertissent leurs ressortissants de cette charmante coutume ainsi que de ses conséquences (Quebec, autres?).
Donc en France, on vous impose de faire un truc totalement idiot, à vos frais, à votre peine, à défaut on vous pénalise en qualifiant gentiment du terme de fraudeur. Je me demande bien quel est le montant total annuel que représente l’ensemble de ces amendes?
Bon ceci dit, je précise quand même que je n’ai aucun reproche à faire aux contrôleurs, qui souvent se montrent très compréhensifs (pas comme ceux-là par ex.). C’est le système que je trouve… propre à m’inciter à prendre un autre moyen de transport.